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La vie est un voyage sans raccourcis

21 août
7 min de lecture
Nous vivons dans une société qui nous apprend à aller vite.

Livraisons express, réponses instantanées, informations accessibles immédiatement : progressivement, l’attente est devenue presque anormale. 



Nous voulons gagner du temps, éviter les détours et atteindre nos objectifs le plus rapidement possible.



Cette mentalité peut aussi s’installer dans notre vie spirituelle.

Quand l’impatience veut prendre le volant

« Confie-toi en l'Éternel de tout ton cœur, et ne t'appuie pas sur ta sagesse ; reconnais-le dans toutes tes voies, et il aplanira tes sentiers. » — Proverbes 3:5-6

Nous vivons dans une société qui nous apprend à aller vite.


Livraisons express, réponses instantanées, informations accessibles immédiatement : progressivement, l’attente est devenue presque anormale.


Nous voulons gagner du temps, éviter les détours et atteindre nos objectifs le plus rapidement possible.


Cette mentalité peut aussi s’installer dans notre vie spirituelle.


Nous voulons que Dieu réponde vite.


Que la porte s’ouvre maintenant.


Que la situation change immédiatement.


Que la promesse s’accomplisse sans délai.


Et lorsque Dieu semble prendre un chemin plus long que celui que nous avions imaginé, une question apparaît :


« N’existe-t-il pas un moyen d’aller plus vite ? »


C’est alors que les raccourcis deviennent séduisants.


Pourtant, dans notre marche avec Dieu, le chemin le plus court n’est pas toujours le meilleur chemin.


Car Dieu ne s’intéresse pas uniquement à notre destination. Il s’intéresse aussi à la personne que nous devenons pendant le voyage.


Le désert n’est pas forcément une erreur d’itinéraire


Au commencement de Son ministère, Jésus vit un moment extraordinaire. Il est baptisé et le Père déclare publiquement :


« Celui-ci est mon Fils bien-aimé. »


Nous pourrions penser que l’étape suivante sera immédiatement le succès : les miracles, les foules, les enseignements.


Pourtant, Matthieu nous dit :


« Alors Jésus fut emmené par l'Esprit dans le désert. »


Le désert n’est pas une erreur de parcours. Jésus n’est pas arrivé là parce qu’Il aurait mal compris la volonté du Père.


L’Esprit Lui-même Le conduit dans cette saison. 


Le message souligne justement que ce désert fait partie de la préparation et que ce qui paraît stérile peut devenir un lieu de transformation.


Cette vérité mérite notre attention.


Nous interprétons parfois les saisons difficiles comme la preuve que quelque chose ne va pas.


Une porte se ferme : « J’ai dû me tromper. »


Une réponse tarde : « Dieu m’a peut-être oublié. »


Une période devient inconfortable : « Il faut absolument que j’en sorte. »


Mais certaines saisons que nous voudrions raccourcir sont précisément celles que Dieu utilise pour nous former.


Le désert peut nous apprendre ce que l’abondance ne nous aurait jamais enseigné.


L’attente peut approfondir notre confiance.


Le silence peut affiner notre écoute.


La difficulté peut révéler ce sur quoi repose véritablement notre foi.


Le désert n’est pas toujours l’endroit où Dieu nous abandonne. Il peut devenir l’endroit où Dieu nous transforme.


Quand nos besoins deviennent notre boussole


Après quarante jours de jeûne, Jésus a faim.


C’est alors que le tentateur Lui dit :


« Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. »


La faim de Jésus est parfaitement légitime.


Le problème n’est donc pas le besoin.


Le problème est la manière proposée pour le satisfaire : agir indépendamment du Père afin d’obtenir immédiatement ce qui manque.


Voilà l’un des grands dangers de l’impatience.


Lorsque nous avons suffisamment « faim » de quelque chose, nous pouvons finir par accepter des solutions que nous aurions refusées dans d’autres circonstances.


La faim d’affection peut nous conduire vers une mauvaise relation.


La faim de reconnaissance peut nous pousser à rechercher constamment l’approbation.


La faim de réussite peut nous faire accepter certains compromis.


La faim de sécurité peut nous pousser à prendre des décisions uniquement motivées par la peur.


Le besoin peut être légitime alors que la réponse choisie ne l’est pas.


C’est pourquoi Jésus répond :


« L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »


Autrement dit : ma faim ne décidera pas à la place de mon Père.


Quelle leçon pour nous !


Lorsque nos émotions parlent très fort, nous avons besoin de laisser la Parole de Dieu parler encore plus fort.


Avant certaines décisions, nous gagnerions à nous poser cette question :


« Est-ce que je réponds à une conviction ou simplement à une frustration ? »


Le danger d’une bonne destination empruntée par le mauvais chemin


La tentation devient ensuite encore plus subtile.


Le diable montre à Jésus les royaumes du monde et leur gloire. Il Lui propose de les recevoir immédiatement en échange de Son adoration.


Jésus est effectivement venu établir Son Royaume.


La destination peut donc sembler correspondre à Sa mission.


Mais le chemin proposé est totalement contraire à la volonté du Père.


C’est la couronne sans la croix.


Le résultat sans le processus.


La destination sans le voyage.


Et Jésus refuse.


Nous devons comprendre qu’une chose peut ressembler à ce que Dieu nous a promis tout en exigeant de nous un chemin que Dieu ne nous a jamais demandé d’emprunter.


C’est pourquoi la question chrétienne n’est pas seulement :


« Où vais-je ? »


Elle est également :


« Comment vais-je y arriver ? »


Nous pouvons poursuivre une bonne ambition avec de mauvaises méthodes.


Vouloir construire une famille est bon. Mais cela ne signifie pas accepter n’importe quelle relation parce que nous avons peur d’attendre.


Vouloir progresser professionnellement est légitime. Mais cela ne justifie pas de sacrifier notre intégrité.


Vouloir développer un ministère est honorable. Mais cela ne doit jamais nous conduire à sacrifier notre communion avec Dieu pour obtenir davantage de visibilité.


Le résultat ne sanctifie jamais le compromis.


Dieu travaille pendant que nous attendons


L’impatience repose souvent sur une conviction silencieuse :


si rien ne change extérieurement, rien ne se passe.


Pourtant, le Royaume de Dieu fonctionne souvent autrement.


Pendant que nous attendons, Dieu travaille.


Nous Lui demandons de changer notre situation ; Il travaille peut-être d’abord notre caractère.


Nous Lui demandons d’ouvrir une porte ; Il nous prépare peut-être à ce qui se trouve derrière cette porte.


Nous demandons une réponse ; Il développe notre capacité à Lui faire confiance sans avoir toutes les réponses.


Dieu ne travaille pas seulement pour nous. Il travaille en nous.


C’est pourquoi l’attente n’est pas nécessairement du temps perdu.


Elle peut devenir une école.


Une école de patience.


Une école de dépendance.


Une école de discernement.


Une école de fidélité.


Nous regardons la destination.


Dieu regarde aussi le voyageur.


Il ne veut pas simplement nous conduire quelque part. Il veut nous transformer en chemin.


Que sommes-nous prêts à sacrifier pour arriver plus vite ?


La troisième tentation de Jésus pose finalement une question très profonde.


Satan Lui propose quelque chose d’immense, mais il exige quelque chose d’essentiel en échange : Son adoration.


Jésus répond sans hésitation :


« Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul. »


Certaines choses ne sont pas négociables.


Notre relation avec Dieu.


Notre intégrité.


Notre famille.


Notre fidélité à la Parole.


Nos convictions.


Notre adoration.


Pourtant, lorsque nous sommes pressés d’arriver, nous pouvons commencer à sacrifier progressivement ce que nous considérions autrefois comme essentiel.


Nous travaillons davantage pour réussir, mais nous n’avons plus de temps pour notre famille.


Nous cherchons tellement les résultats dans le ministère que notre temps avec Dieu devient secondaire.


Nous voulons tellement saisir une opportunité que nous fermons les yeux sur les compromis qu’elle exige.


Voilà pourquoi une question mérite d’être posée régulièrement :


« Pour obtenir ce que je veux plus vite, qu’est-ce que je suis en train de sacrifier ? »


Si la réussite exige que nous perdions ce que Dieu nous demande de préserver, ce n’est plus une réussite.


Arriver vite ou arriver au bon endroit ?


Notre époque admire la vitesse.


Dieu valorise la fidélité.


Nous demandons souvent : « Comment puis-je arriver plus vite ? »


Dieu nous demande parfois : « Qui seras-tu lorsque tu arriveras ? »


Il existe une différence fondamentale entre arriver vite et arriver à la bonne

destination.


Cette distinction constitue l’un des appels centraux du message qui a inspiré cette série.


Un raccourci peut nous faire gagner quelques kilomètres tout en nous éloignant de notre destination.


Spirituellement, il en est de même.


Toutes les portes ouvertes ne viennent pas nécessairement de Dieu.


Toutes les opportunités ne doivent pas nécessairement être saisies.


Toutes les solutions rapides ne constituent pas nécessairement des réponses à nos prières.


Il nous faut du discernement.


Apprendre à faire confiance au Conducteur


Peut-être traversez-vous actuellement une saison dans laquelle la route paraît particulièrement longue.


Vous attendez une réponse.


Vous priez pour une situation depuis des mois, peut-être depuis des années.


Vous voyez d’autres personnes avancer et vous avez l’impression d’être resté au même endroit.


L’impatience commence alors à murmurer :

«

Prends les choses en main. »


« Force cette porte. »


« Trouve un autre chemin. »


« Tu as déjà suffisamment attendu. »


C’est précisément là que la foi intervient.


La foi ne consiste pas seulement à croire que Dieu peut nous conduire à destination.


Elle consiste également à Lui faire confiance pour choisir le chemin.


Jésus aurait pu choisir la facilité.


Il a choisi la fidélité.


Il aurait pu chercher le résultat immédiat.


Il a choisi le calendrier du Père.


Il aurait pu prendre le raccourci.


Il a choisi l’obéissance.


Et Son exemple nous rappelle aujourd’hui que mieux vaut avancer lentement avec Dieu qu’arriver rapidement quelque part sans Lui.


Avant de poursuivre le voyage…


Prenons donc le temps de nous poser trois questions.


Où suis-je actuellement le plus impatient ?


Cette impatience révèle peut-être un domaine dans lequel j’ai du mal à faire pleinement confiance à Dieu.


Quel raccourci suis-je tenté d’emprunter ?


Existe-t-il une décision qui me permettrait d’obtenir rapidement ce que je veux, mais au prix de mes convictions, de ma paix ou de mon obéissance ?


Qu’est-ce que Dieu cherche à construire en moi pendant cette attente ?


Peut-être que la véritable œuvre de Dieu, dans cette saison, n’est pas encore devant moi.


Peut-être qu’elle est déjà en train de se produire en moi.


Le voyage continue


Nous ne connaissons pas toujours la longueur de la route.


Nous ne comprenons pas chaque détour.


Nous ne savons pas pourquoi certaines réponses arrivent rapidement tandis que d’autres demandent des années.


Mais nous connaissons Celui qui nous conduit.


Et cela change tout.


Alors, ne forcez pas une porte uniquement parce que vous êtes fatigué d’attendre.


Ne sacrifiez pas l’essentiel pour gagner du temps.


Ne laissez pas votre faim devenir votre boussole.


Ne confondez pas le silence de Dieu avec Son absence.


Et ne mesurez pas Sa fidélité à la vitesse avec laquelle vos prières sont exaucées.


La vie est un voyage.


Et dans ce voyage, le véritable succès n’est pas d’arriver le premier.


C’est d’arriver là où Dieu voulait nous conduire, sans avoir sacrifié en chemin la personne qu’Il voulait que nous devenions.


Alors, lorsque la route paraît longue, faisons cette prière :


« Seigneur, même si Ton chemin est plus long que celui que j’aurais choisi, je préfère Ton chemin.


Apprends-moi à respecter Ton temps, à reconnaître Tes directions et à rester fidèle pendant le voyage.


Je Te confie non seulement ma destination, mais aussi la route qui m’y conduira. »


Car finalement, mieux vaut le long chemin avec Dieu qu’un raccourci qui nous éloigne de Lui.



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